Mathurin Méheut

Les grandes commandes

Méheut, illustrateur

C'est comme illustrateur qu'il est peut-être encore le mieux connu. Il publie à la fois des ouvrages documentaires dans la lignée de l'Art nouveau, mais aussi des romans et des livres consacrés à la Bretagne. Pendant plus de trente ans, les éditeurs parisiens s'adressent tout naturellement à lui car il dispose d'une iconographie hors pair sur la Bretagne engrangée sur place et constamment enrichie.

Ce qui intéresse Méheut ce sont les techniques de reproduction de l'image. Tout en s'essayant aux diverses techniques, Méheut reproche bien souvent aux imprimeurs un manque de fidélité dans la reproduction, car c'est indéniable, toute technique enlève un peu de la spontanéité du travail de l'artiste. D'où une recherche constante et de multiples techniques utilisées par l'artiste : héliochromie, gravure sur bois, pochoir, lithographie, zincographie, phototypie, l'offset. Il invente même un nouveau procédé de gravure pour le livre de Roger Vercel Sous le pied de l'archange.

Sa notoriété et son talent d'illustrateur déjà exprimé dans des revues comme Art et décoration, L'Illustration ou La Bretagne touristique, le conduisent à collaborer avec des écrivains tels Genevoix pour Raboliot, Colette pour Regarde, Loti pour Pêcheurs d'Islande... Méheut conçoit l'illustration d'une trentaine de livres, de Fantôme de Terre-Neuve paru en 1903 à l'oeuvre ultime Pêcheurs des quatre mers de Roger Vercel en 1957.

La gravure est un aspect moins connu de l'artiste, mais comme pour l'illustration, Méheut essaie toutes les techniques. De 1910 à 1926, il travaille les techniques traditionnelles et de 1939 à 1948, les techniques nouvelles.

Méheut, décorateur

C'est lors d'une visite aux faïenceries Henriot de Quimper que Méheut rencontre l'un des deux fils de Jules Henriot. Commence alors une longue et fructueuse collaboration de plus de trente ans. Dés 1919, il travaille aux faïenceries. Son but était d'engager Quimper sur une voie nouvelle grâce au renouvellement du décor quimpérois. A partir de 1927, il collabore également avec la Manufacture nationale de Sèvres jusqu'en 1940, et avec Villeroy et Boch en Sarre.

Après l'exposition de 1921, Méheut est élu par les compagnies maritimes. Il travaille pour trois compagnies : la Compagnie des Messageries maritimes entre 1924 et 1935 (l'Aramis, le Champollion...), la Compagnie Générale Transatlantique entre 1935 et 1952 (le Normandie, l' Ille -de-France...) et la Société Française des Transports Pétroliers entre 1951 et 1957 (le Sologne, le Camargue...). Il reçoit des commandes pour 25 bâtiments en tout identifiés à ce jour. Cela l'amène à connaître de nombreux ingénieurs, architectes et décorateurs. Les sujets traités par Méheut pour ces décors sont très hétéroclites et ne correspondent pas toujours au registre de l'artiste. Mais Méheut a toujours le souci de répondre à la commande.

Ses décors les plus remarqués sont ceux de Heintz à Pittsburg aux Etats-Unis ou encore celui de l'Institut de Géologie de Rennes, inauguré en 1947. Ce dernier est le seul ensemble décoratif encore visible dans son intégralité. En 1939, il reçoit une commande de la Manufacture des Gobelins pour le carton d'une tapisserie Allégorie à la vie marine. La tapisserie, finalement intitulée La Mer, est achevée en 1946. On lui doit aussi les cartons pour les mosaïques et les vitraux du restaurant L'Huîtrière à Lille et également les dessins qui ont servi au décor de la Villa Le Caruhel (Etables-sur-Mer) interprétés par Isidore Odorico (mosaïques) et par Brandt (ferronneries). En 1952, il achève le décor de la façade des faïenceries Henriot et obtient sa dernière grande commande décorative pour la Caisse d'épargne de Pont-l'Abbé.

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Actualités

​Nouvelle exposition depuis le 8 avril 2017

Mathurin Méheut, impressions gravées
Du 8 avril au 30 décembre 2017

Voir l'exposition 2017

Couverture du livre Regarde par Colette et Méheut, 1929, musée Mathurin Méheut